Le mental dans tout ses états...

Le cerveau

Le cerveau, chef d’orchestre du système nerveux, est le seul organe, avec son prolongement la moelle épinière, a être aussi bien protégé. Il est entouré d’os, la boîte crânienne puis la colonne vertébrale, et dispose d’un système amortisseur, le liquide céphalo-rachidien.

 

Le cerveau est divisé en deux lobes symétriques et possède quatre des cinq sens. Sa situation privilégiée, au sommet du corps, lui permet de voir, sentir et entendre pour évaluer, décider et conduire.

 

Il fonctionne sur le mode symétrique inversé, le lobe droit dirigeant la gauche du corps et le lobe gauche la droite (une personne qui fait une hémorragie cérébrale à droite sera paralysée de la moitié gauche de son corps). Seules les oreilles, en connexion directe avec le lobe cérébral attenant, font exception à cette règle.

 

Cette inversion a longtemps contrarié le décodage symbolique droite/gauche. La controverse entre les tenants de la thèse occidentale (la droite représentant le père, la loi) et les tenants de la thèse orientale (la droite représentant la mère, l’altruisme) a évolué avec les recherches faites en IRM dynamique sur des sujets en méditation, puis par l’étude de cas cliniques de lésions cérébrales induisant des états de conscience altruiste.

 

Pour autant, il serait singulièrement réducteur de séparer de façon aussi caricaturale le fonctionnement de nos deux lobes cérébraux. Ils travaillent en permanence ensemble. La prédominance de l’activité sensorielle du lobe gauche ne l’empêche nullement d’organiser l’information, de la mémoriser après l’avoir interprétée puis classée pour la partager ensuite avec le lobe droit, ce dernier en faisant tout autant. Ce qui apparaît comme un diktat pour certains n’est qu’une spécialisation du mode de fonctionnement. En effet, si elle était vraiment totale, la bipartition du fonctionnement cérébral poserait quelques problèmes spatiotemporels aux gauchers et aux ambidextres !

 

Reste que la spécialisation des lobes cérébraux est réelle ! Elle permet de distinguer pour chacun d’eux des caractéristiques bien différentes :

 

Le lobe Droit est analogique, empathique et spirituel. Il représente la compassion, les sentiments et la mère, il dirige la partie droite du corps à qui on attribue les mêmes valeurs. Le cerveau gauche est plutôt le lieu des sensations et de l’analogie, des intuitions et de l’amour, il donne des couleurs, des odeurs, des goûts et des sentiments à la vie.

Le lobe Gauche est logique, déductif et organisateur. Il représente symboliquement l’autorité, le père et la loi, il dirige la partie gauche du corps à qui on attribue les mêmes valeurs. Le cerveau droit est plutôt celui de l’organisation et de la logique, il nous fournit, entre autres, les moyens de classer et de comparer ces couleurs et ces sentiments.

 

Le cerveau est en outre composé de trois structures superposées en millefeuille, acquises au cours de l’évolution.

 

Le néocerveau : Le néocortex est la structure la plus récente, la plus superficielle. C’est le cerveau logique (analyse et mémoire analytique).

 

Le paléocerveau : Le cerveau limbique (hypothalamo-limbique) est la structure intermédiaire. C’est le cerveau émotionnel (analyse et mémoire analogique).

 

L’archéocerveau : Le tronc cérébral est la structure la plus ancienne, la plus profonde. C’est le cerveau « reptilien », il gère l’homéostasie du corps, ses besoins immédiats et les moyens de sa survie (analyse et mémoire biologique).

 

Les recherches sur le cerveau, son fonctionnement et ses structures (notamment sur la finalité de sa bipartition symétrique) foisonnent par leur nombre et leur complexité.

 

Le projet bluebrain et son prolongement, le projet HBSP, explorent le comportement cérébral en défrichant avec des moyens considérables la structure et le comportement d’un modèle théorique, l’unité fonctionnelle neuronale (modélisation d’un secteur d’interconnexions neuronales) afin d’évaluer sa modularité, sa plasticité et les modalités de sécrétion des neuromédiateurs.

 

L’IRM fonctionnelle permet d’objectiver et de mesurer l’activité du cerveau en temps réel en fonction d’une activité imposée (méditation, calcul mental, audition, mouvements…).

 

Les conclusions préliminaires de ces chercheurs qui explorent le cerveau dans sa globalité ou à travers son unité fonctionnelle sont, malheureusement, souvent discordantes. Pourtant, un consensus semble se faire sur un modèle, « l’état central fluctuant ».

La conscience

 

La conscience est la faculté mentale qui permet d’appréhender de façon subjective sa propre existence, les événements extérieurs et intérieurs.

 

Une faculté bien difficile à cerner, entre autres parce qu’elle est impalpable, individuelle et fluctuante.

 

La conscience n’est pas spécifique à l’être humain, mais à tout ce qui est matière, la contrepartie énergétique originelle de celle-ci. Du règne minéral au règne végétal, puis au règne animal, l’évolution nous raconte son déploiement progressif d’un règne à l’autre, et nous renseigne sur son but initial, la survie.

 

Aux balbutiements de l’humanité, les dangers de la nature nous ont contraints à nous socialiser, le groupe, plus fort, a donné naissance à la hiérarchie. Puis nous avons dû apprendre à nous protéger, d’abord dans des grottes, puis des abris construits, favorisant la naissance du clan et de la famille. Dans le même temps, pour se préserver, l’homme a commencé à négocier avec les éléments. Les caprices de la nature l’ont amené à rechercher le moyen d’intercéder, en sélectionnant les membres de la tribu qui, à cet exercice, obtenaient les meilleurs résultats, donnant naissance à l’animisme, au chamanisme, aux sorciers et guérisseurs.

 

Ces chamans, sorciers, druides... se sont mis à observer la nature, à la scruter pour tenter de l’apaiser par des incantations, des offrandes puis des sacrifices. Dans le clan, leur statut a dû prendre de l’ampleur et leur objectif s’est, sans doute, détourné de son but initial, assurer la survie du groupe, pour s’intéresser davantage aux personnes, s’immiscer dans les traditions, donner une direction à la vie puis à la société afin de s’approprier les consciences et diriger le troupeau, en laissant supposer aux pratiquants une possible intercession avec les instances supérieures.

 

Ces multiples tentatives de socialisation, normalisation et parfois domestication de la conscience ont tracé des ornières dans notre façon d’être et de penser.

 

C’est ainsi que la conscience s’est progressivement déployée tout au long de l’évolution, en l’accompagnant à travers ses différents règnes. C’est elle qui a modelé notre corps et notre cerveau pour nous permettre de survivre.

 

Depuis la nuit des temps, la conscience est un outil en devenir, une volonté, une énergie (la conscience universelle, la source, Dieu… ?) qui nous tire par le bout du nez pour nous faire progresser !

 

Elle nous confronte, depuis que la survie de l’espèce n’est plus en danger, aux grandes questions métaphysiques que sont la vie, la mort, la vérité, la justice, Dieu...

 

Dieu existe-t-il ? La critique de la raison pure tente d’analyser les limites de ces investigations, typiques d’une conscience libre, mais jusqu’où peut-on aller ?

 

Un bébé, dans le ventre de sa mère, sait-il qu’il est un être humain ? Et si oui, d’où lui vient cette connaissance ?

 

Que doit-on conserver de tout ce qui a été dit, écrit et approuvé au cours des âges ? La vérité est un bien grand mot ! Tout dépend du point de vue où l’on se place par rapport à l’idée que l’on s’en fait !

 

Il en est de même pour la conscience qui ne peut – ou très exceptionnellement, l’intuition – s’exercer ex nihilo. Elle s’appuie sur ce que l’on est, une mémoire familiale, une histoire personnelle, une sensibilité, des croyances, avec nos contradictions, nos rencontres pour nous confronter à la réalité et nous faire avancer.

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